L’histoire des origines d’Elena Diakonova, mieux connue sous le nom de Gala, débute à Kazan, une ville tatare, où elle voit le jour le 26 août 1894. Fille d’Ivan Diakonov et d’Antonina Deulina, elle est la troisième d’une fratrie de quatre enfants. Lorsque son père, fonctionnaire au ministère de l’Agriculture, décède alors qu’elle est encore jeune, sa mère entame une liaison avec l’avocat moscovite Dimitri Íllitx Gomberg, dont Gala adoptera le nom de famille.

Gala se conduisait avec la dignité d’un orgueil véritable, d’une façon tout à fait simple, naturelle, indépendante, ne s’abaissant pas à se demander pourquoi elle était plus mal habillée que les autres (ce qui fait de Cendrillon l’héroïne du bal, cela, seul le destin le décide!).

Anastassia Tsvétaeva, Souvenirs, Actes Sud, Arles, 2003, p. 359. 

À Moscou, Gala grandit dans une atmosphère intellectuelle, entourée de livres, et bénéficie d’une éducation de qualité. Sa mère, passionnée de lecture et cultivée, lui transmet cet amour des livres, une passion qu’elle conservera toute sa vie. À l’école, elle se distingue par son intelligence. Elle partage sa classe avec Anastassia Tsvétaeva, la sœur de la célèbre poétesse russe Marina Tsvétaeva. Dans ses mémoires, Anastassia évoque les longues après-midis passées avec Gala et raconte comment elle écoutait Marina parler de son avenir de poétesse « comme si elle buvait une eau vivifiante ». Gala rêve aussi de devenir poétesse, mais elle réalise vite que son véritable talent réside dans un autre domaine : celui de repérer, promouvoir et soutenir les artistes pour qu’ils atteignent leur pleine expression.

Dès son plus jeune âge, sa santé fragile la contraint à passer de longues périodes en convalescence. En 1912, elle est envoyée au sanatorium de Clavadel, à Davos (Suisse), pour traiter un problème respiratoire. C’est là qu’elle rencontre un jeune Français, Paul Eugène Grindel, qui deviendra plus tard connu sous le nom de Paul Éluard. Ils entament une relation amoureuse, nourrie par leur passion commune pour la littérature et la poésie. Pendant cette période, Gala l’encourage à écrire et devient l’inspiratrice de ses premiers vers. Elle aide le poète à copier et transcrire ses écrits. Gala appellera cette collaboration un « travail compatible ».

En février 1914, ils quittent tous deux le sanatorium. Gala retourne en Russie pour terminer ses études secondaires à l’institut féminin M. G. Brukhonenko, où elle obtient d’excellentes notes. Elle reçoit un décret du Tsar lui qui lui permet d’enseigner à l’école primaire. Paul Éluard, de son côté, regagne Paris et est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. La même année, il publie Dialogue des inutiles à Paris, avec une préface signée par Gala sous le pseudonyme mystérieux de Reine de Paleùglnn. Il s’agit de son premier texte publié dont nous conservons une trace.

Deux ans après leur séparation à Clavadel, leur engagement reste intact. La distance et l’opposition de leurs familles ne font qu’intensifier leur passion. En 1916, Gala, déterminée et romantique, quitte sa vie à Moscou pour poursuivre son rêve. À un peu plus de vingt ans, elle traverse une Europe en guerre pour rejoindre Paul Éluard et l’épouser. Dès lors, elle prend en main son avenir, un avenir brillant et prometteur, convaincue et déterminée, comme seule une personne sachant réaliser ses rêves peut l’être.

En savoir plus sur Gala

Découvrez les multiples facettes de Gala : muse, femme cultivée et insatiable, à la fois figure publique et énigmatique, créatrice d’un univers esthétique unique et élément essentiel de la personnalité de Salvador Dalí. Nous vous dévoilons certains aspects moins connus de sa vie, une œuvre en perpétuelle évolution qui ne cesse de se réinventer.

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